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Dissertation Guerre Froide Terminale Es

Entre 1947 et 1991, le monde est marqué par l’opposition idéologique et stratégique entre les deux Grands, les États-Unis et l’Union soviétique. On appelle cette période la « Guerre froide » car les deux États s’opposent tout en évitant l’affrontement direct.

Pourquoi y a-t-il conflit entre les deux Grands ? Comment la Guerre froide coupe-t-elle le monde en deux ? Quelles sont les crises majeures de la Guerre froide ?

I)    La bipolarisation du monde

Qu’est-ce que la Guerre froide ?

a)    Un conflit de puissance

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide oppose les deux Grands : les États-Unis et l’URSS. Dès 1945, les relations entre les anciens alliés se tendent. La transformation de l’Europe de l’Est en zone d’influence soviétique et le pillage organisé de l’Allemagne de l’Est augmentent les inquiétudes américaines face à l’impérialisme de l’URSS. Entre 1945 et 1948, l’URSS impose par la force des gouvernements communistes dans tous les pays d’Europe centrale et orientale où son armée est présente, contrairement aux engagements pris à la conférence de Yalta en février 1945. Il y a satellisation* de ces pays. Winston Churchill dénonce un « rideau de fer* » qui partage le continent.
En 1947, la doctrine énoncée par le Président Truman vise à contenir l’expansion du communisme*, notamment par une aide économique via le plan Marshall et par une aide militaire aux pays menacés comme en Grèce où une guerre civile oppose communistes et monarchistes : c’est la politique du containment*. Lors de la création du Kominform en septembre 1947, le soviétique Jdanov en appelle à la lutte contre les États occidentaux qualifiés d’ « impérialistes ». On assiste à une bipolarisation* du monde, structuré autour des États-Unis et de l’URSS. La Guerre froide oppose deux blocs* antagonistes. Les deux Grands organisent des réseaux d’alliances militaires dans le monde. Il s’agit pour chaque bloc d’étendre sa propre zone d’influence dans une logique impérialiste. Face à l’Alliance atlantique (renforcée par l’OTAN* en 1950), organisée en 1949 autour des États-Unis, l’URSS répond par la mise en place du CAEM (Conseil d’assistance économique mutuelle) en 1949 et du Pacte de Varsovie*.

b)    Un conflit idéologique

La Guerre froide est avant tout un conflit idéologique. Si elle oppose les deux Grands dans tous les domaines – politique, diplomatique, militaire, économique – c’est surtout la division idéologique entre les deux blocs qui rend toute paix impossible, avec le communisme que les Soviétiques souhaitent diffuser à l’échelle du monde et le libéralisme* défendu par le monde occidental.
Le conflit idéologique prend la forme d’une guerre de propagande. Tous les moyens de communication sont mis au service de la propagande pour dénoncer l’adversaire : affiches, radio, cinéma… L’art, sur les bases du réalisme socialiste*, exalte les réussites du modèle soviétiques.

Propagande américaine soulignant l'hostilité des nazis envers la Bible

c)    Un conflit par pays interposés

La Guerre froide voit alterner des périodes de tensions et des épisodes d’apaisement dans les relations américano-soviétiques. La spécificité de la Guerre froide est d’opposer les deux Grands sans affrontement direct, en raison des risques que font peser la course aux armements.

De 1947 jusqu’à la mort de Staline en 1953, la Guerre froide est marquée par de fortes tensions. Après une première période d’apaisement, les crises de Berlin (1948-1949 et 1961) et de Cuba (1962) opposent à nouveau les deux Grands. L’apaisement de la Détente dure jusqu’au milieu des années 1970. Le repli américain, consécutif au traumatisme de la Guerre du Vietnam, provoque une poussée soviétique ; les États-Unis reviennent dans le jeu international entre 1980 et 1985 : c’est la « guerre fraîche ».

Enfin, l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir en URSS marque la fin de l’antagonisme géopolitique entre les deux Grands en 1985. La Guerre froide s’achève en 1989-1991 avec la disparition du bloc communiste. L’effondrement rapide du communisme en Europe de l’Est à partir de 1989 achève de déstabiliser l’URSS. Celle-ci est déjà fragilisée de l’intérieur par de graves difficultés économiques, sociales et politiques. L’accès à l’indépendance des républiques soviétiques et leur détachement du bloc communiste entraînent la disparition de l’URSS en décembre 1991.

II)    Berlin au cœur de la Guerre froide

Comment l’histoire de Berlin reflète-t-elle l’évolution de la Guerre froide ?

a)    Allemagne, « année zéro »

Le sort de l’Allemagne est fixé lors des conférences de Yalta (février 1945) et Potsdam (juillet-août 1945). Le pays, amputé d’un tiers de son territoire, perd sa souveraineté. L’Allemagne, ainsi que l’Autriche, sont partagées en quatre zones d’occupation confiées aux vainqueurs. Berlin, ruinée, est une ville occupée par les Alliés en pleine zone soviétique. La ville de Berlin est conquise par les Soviétiques en 1945 et coupée en quatre zones d’occupation. Rapidement, les relations entre les Alliés (Américains, Anglais et Français d’un côté, Soviétiques de l’autre) se dégradent.

b)    Berlin, lieu de crises

L'Allemagne divisée en deux

Le blocus de Berlin, organisé par Staline, contribue à diviser durablement l’Allemagne en deux. Cherchant à étendre le contrôle soviétique sur l’ensemble de la ville, Staline ordonne, le 24 juin 1948, de faire le blocus de Berlin-Ouest. Les Américains y répondent par la mise en place d’un pont aérien qui permet de ravitailler les deux millions de Berlinois de l’Ouest. La détermination américaine fait échec au blocus, qui est levé le 12 mai 1949. Cette crise réaffirme la division de l’Allemagne et de Berlin en deux. Berlin- Est devient la capitale de la nouvelle république démocratique allemande (RDA), où s’installe une démocratie populaire*. Berlin-Ouest est alors un territoire décentré de la République fédérale d’Allemagne (RFA).

Berlin-Est est le théâtre de manifestations ouvrières contre le régime communiste en 1953. Rapidement, Berlin-Ouest bénéficie d’une attention particulière des Occidentaux, alors que les autorités de la RDA cherchent à empêcher ses ressortissants de passer à l’Ouest. En 1953, la mort de Staline libère l’expression de mécontentement de certains ouvriers, vite réprimée par la police et l’armée Rouge.
Berlin redevient un lieu de tensions Est/Ouest entre 1958 et 1961. Khrouchtchev exige des Occidentaux la démilitarisation de Berlin-Ouest. Finalement, et surtout pour éviter le départ massif des Allemands de l’Est vers l’Ouest (depuis 1949, autour de 3 millions d’Allemands ont quitté la RDA), un mur est construit à partir du 13 août 1961 autour de Berlin-Ouest. Ce « mur de la honte » gèle localement la situation.

c)    Berlin apaisée

À partir de 1961, les relations entre Berlin-Est et Berlin-Ouest s’améliorent lentement. Au début des années 1970, le chancelier Willy Brandt, ancien maire de Berlin-Ouest, souhaite un rapprochement entre le deux Allemagne : c’est l’Ostpolitik*. RFA et RDA se reconnaissent mutuellement en 1972.
A la fin des années 1980, l’ébranlement du régime communiste aboutit à la chute du mur de Berlin, puis à la réunification allemande. En 1989, les manifestations se multiplient en RDA contre le régime communiste. L’abandon officiel de l’ingérence soviétique par Gorbatchev favorise la chute du mur de Berlin, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. Moment de liesse populaire pacifique, cet événement à la portée symbolique internationale est le premier acte d’un processus aboutissant à la réunification de l’Allemagne le 3 octobre 1990. Berlin réunifiée devient la capitale de l’Allemagne réunifiée le 20 juin 1991.

III)    Cuba, une crise de la Guerre froide (1962)

Pourquoi la crise de Cuba marque-t-elle le point culminant de la Guerre froide ?

a)    Une coexistence pacifique

La fin des années 1950 se caractérise par une coexistence pacifique entre les deux Grands. Après l’accession de Nikita Khrouchtchev au pouvoir en URSS (1956), les relations entre les États-Unis et l’URSS connaissent un certain apaisement.
Dans l’esprit de Khrouchtchev, la coexistence pacifique ne constitue pas un renoncement aux objectifs expansionnistes de l’URSS. La course aux armements et à l’espace – en 1961, le Soviétique Youri Gagarine est le premier homme envoyé dans l’espace – témoignent d’une compétition toujours forte entre les deux Grands.

b)    … qui n’exclut pas les crises

La crise de Cuba oppose directement les États-Unis et l’URSS. En 1959, Fidel Castro s’est emparé du pouvoir à Cuba et s’est rapproché de l’URSS. La tentative de rétablir un régime anticommuniste par un débarquement dans la baie des Cochons échoue (1961). Se sentant menacé, Castro accepte d’installer des rampes de lancement de missiles nucléaires soviétiques sur son territoire.

L’intérêt stratégique pour l’URSS est immense puisque la proximité géographique de Cuba avec les États-Unis permet de menacer directement les centres névralgiques américains (Floride, Washington). Khrouchtchev est certain que le Président américain John F. Kennedy ne réagira pas. Les Etats-Unis réagissent avec fermeté à ce qu’ils voient comme une intrusion soviétique dans leur aire d’influence. Le 14 octobre 1962, un avion espion américain photographie les bases de lancement cubaines. Dans un discours télévisé prononcé le 22 octobre, le Président Kennedy expose la position américaine : Cuba est mis « en quarantaine » et l’URSS est sommée de retirer ses missiles de l’île. Les deux Grands sont en état d’alerte. L’équilibre de la terreur* atteint son paroxysme.

Les deux Grands acceptent une solution négociée. Devant la fermeté américaine et afin d’éviter un conflit nucléaire, Khrouchtchev négocie. Le 28 octobre 1962, un accord prévoit le démantèlement des missiles soviétiques à Cuba, sous contrôle de l’ONU, la levée du blocus et la promesse américaine de ne pas envahir Cuba. La pression des États-Unis a donc contraint l’URSS à reculer. Mais les Américains doivent aussi accepter la présence durable sur le continent américain d’une enclave socialiste.

c)    Après la crise, le début de la Détente

Cette crise amène les deux Grands à établir un dialogue pour réguler la course aux armements. À partir de 1962, les États-Unis et l’URSS, conscients du risque de destruction mutuelle, cherchent à apaiser leurs relations et surtout à atténuer les tensions liées à la stratégie de la dissuasion nucléaire* : c’est la Détente.

Le « téléphone rouge » permet d’établir une liaison directe entre Washington et Moscou. En 1963, le traité de Moscou interdit les essais nucléaires aériens. Le TNP (traité de non-prolifération nucléaire) est signé en 1968 par 62 pays, les puissances qui possèdent l’arme atomique s’engagent à ne pas aider d’autres à l’avoir, celles qui ne l’ont pas s’engagent à ne pas l’acquérir. Les accords SALT sont signés en 1972 entre les États-Unis et l’URSS pour limiter la fabrication des missiles de longe portée et des systèmes de défense antimissiles. La Détente culmine lors de la conférence d’Helsinki (juillet 1973- août 1975) qui consacre les principes de la non-ingérence*, du renoncement formel à la force et du respect des droits de l’homme.

La Détente approfondit la rupture sino-soviétique. La Chine, communiste depuis 1949, accuse les Soviétiques de sacrifier l’idéologie au nom de la diplomatie. Castro, quant à lui, reproche à l’URSS de l’avoir sacrifié à ses propres intérêts. Les deux Grands maintiennent leur emprise sur leurs alliés les plus proches : l’URSS intervient en Tchécoslovaquie pour réprimer le Printemps de Prague* (1968) ; les États-Unis n’hésitent pas à soutenir ou à installer des dictatures militaires en Amérique latine, comme au Chili en 1973.

IV)    Le conflit armé vietnamien

La guerre du Vietnam : un conflit Est/Ouest ou Nord/Sud ?

a)    La reprise du dialogue dans un monde complexe

La Détente permet un début de maîtrise des armements. Le traité de Moscou en 1963 interdit les essais nucléaires aériens. De plus, les États-Unis substituent à la théorie des « représailles massives » celle des « représailles graduées » qui limite le risque d’arriver à un conflit nucléaire.
L’émergence du Tiers-Monde* remet en cause le leadership des deux Grands. De nombreux États issus de la décolonisation refusent d’intégrer l’un des deux blocs de la Guerre froide : c’est le non-alignement*. Ils tentent de s’organiser en « troisième monde ». Pourtant, certains non-alignés se rangent finalement dans un camp ou dans l’autre, tandis que le Tiers-Monde devient un nouvel enjeu pour les deux Grands.

b) Le Vietnam, une guerre longue et meurtrière

Source : http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/Vi%C3%AAt_Nam/148881

Le Vietnam est coupé en deux États distincts par le 17e parallèle nord. Cette division résulte des accords de Genève de 1954 qui ont mis fin à la guerre d’Indochine, perdue par la France.

Au Nord, le communiste Ho Chi Minh dirige la République démocratique du Vietnam et souhaite libérer de la présence occidentale le Sud-Vietnam.

Au Sud, une dictature militaire est soutenue depuis 1955 par les États-Unis, soucieux d’endiguer la progression communiste en Asie du Sud- Est, suivant la théorie des dominos*.

Le conflit, qui s’étend du début des années 1960 à 1975, est un des plus meurtriers du XXe. la guerre oppose l’armée américaine et l’armée sud- vietnamienne aux Vietcongs du Front national de Libération et à l’armée nord-vietnamienne (aidée par la Chine et l’URSS). L’armée américaine – jusqu’à 550 000 soldats – utilise massivement les bombardements et les produits chimiques (herbicides, napalm) pour lutter contre les Vietcongs qui pratiquent la guérilla dans un milieu hostile, la jungle. La résistance s’organise face à l’armée américaine, qui s’enlise. En 1968, l’offensive du Têt, menée par les communistes, est difficilement contrôlée.

Les États-Unis sont contraints d’envisager un retrait de leurs troupes. À partir de 1969, le président Nixon retire progressivement les troupes américaines du Vietnam, laissant leurs alliés sud-vietnamiens mener seuls la lutte : c’est la « vietnamisation ».

La guerre concerne le Laos et le Cambodge, impliqués directement ou non dans le conflit. En 1972, l’offensive générale menée par les communistes accélère les négociations de paix. Le 27 janvier 1973 les accords de Paris prévoient le désengagement définitif de l’armée américaine. Son retrait entraîne la victoire des communistes et l’unification du Vietnam en 1975.

c)    Les limites des grandes puissances

La guerre du Vietnam traumatise les États-Unis. Les contestations internes, surtout de la jeunesse américaine pacifiste, ont fait pression pour le désengagement. Ce traumatisme provoque un retrait des États-Unis de la scène internationale durant les années 1970.

La guerre du Vietnam est une guerre asymétrique* qui prouve que la puissance militaire ne suffit plus pour s’imposer. Sans opposer directement les deux Grands, la guerre a cependant fait s’affronter de manière extrêmement violente deux camps idéologiquement antagonistes. Le nombre de morts s’élève à plus de deux millions, essentiellement vietnamiens. La guerre a montré les limites de l’armée la plus perfectionnée du monde. Typique de la Guerre froide, la guerre du Vietnam a aussi opposé une grande puissance du Nord à un pays du Sud.

Vocabulaire

Bipolarisation : division du monde en deux camps que chaque pôle domine.

Bloc : ensemble des pays qui partagent une idéologie commune et sont liés entre eux par des accords politiques, économiques et militaires. Chaque bloc se forme autour d’un Grand (URSS ou États-Unis) qui en devient le pôle.

Communisme : idéologie fondée sur la propriété collective des moyens de production dans le domaine économique et sur la primauté du Parti communiste comme seul détenteur du pouvoir politique.. La finalité du communisme est, d’après la théorie de Karl Marx, la réalisation d’une société sans classes.

Containment (« endiguement ») : politique menée par Truman consistant pour les États-Unis à intervenir contre les agressions soviétiques.

Démocratie populaire : régime politique communiste, copié sur celui de l’URSS, caractérisé par un parti unique, la restriction des libertés, l’adoption du communisme comme doctrine politique et économique officielle.

Détente : rapprochement mutuel des deux Grands pour éviter tout risque de conflit nucléaire

Dissuasion nucléaire : politique menée par un État visant à détenir l’arme nucléaire afin de dissuader un autre de l’attaquer

Équilibre de la terreur : parité approximative des moyens de destruction massive avec acceptation de sa propre vulnérabilité

Guerre asymétrique : type de conflit qui oppose deux forces inégales, aux tactiques différentes : d’un côté, une armée conventionnelle ; de l’autre, des mouvements de guérilla ou des groupes terroristes.

Kominform : organisation réunissant les principaux partis communistes européens permettant à l’URSS de les contrôler. Il est dissous en 1956 : courant de pensée qui repose sur la défense des libertés fondamentales de l’individu.

Non-alignement : attitude neutraliste envers les deux Grands adoptée par les pays du Tiers-Monde lors de la conférence tenue à Belgrade en 1961.

Non-ingérence : principe qui interdit de s’impliquer dans les affaires intérieures d’un pays (politique de l’Est).

Ostpolitik : politique d’ouverture vers la RDA et les démocraties populaires menée par le chancelier de la RFA Willy Brandt, de 1969 à 1974.

OTAN (organisation du traité de l’Atlantique Nord) : mise en place en 1950 autour des Etats-Unis, du Canada et de dix pays européens.

Pacte de Varsovie : alliance militaire fondée en 1955 pour faire contrepoids à l’OTAN, rassemblant l’Union soviétique e les pays d’Europe de l’Est.

Printemps de Prague : ensemble de réformes lancées en 1968 par le premier secrétaire du Parti communiste tchécoslovaque, Alexandre Dubcek, prônant un « socialisme à visage humain » et le pluralisme politique. : doctrine artistique soviétique qui veut que l’art participe à l’éducation de la société. : expression employée par Churchill lors d’un discours prononcé à Fulton (États-Unis) le 5 mars 1946, pour dénoncer l’installation de régimes communistes en Europe de l’Est et déplorer leur isolement du reste du continent.

Satellisation : perte d’indépendance des pays de l’Est vis à vis de l’URSS.

Théorie des dominos : théorie d’après laquelle la victoire du communisme dans un pays suscite une réaction en chaîne entraînant son extension à tout une région.

Tiers-Monde : ensemble des pays qui tentent d’affirmer leur solidarité dans les relations internationales, indépendamment des deux blocs de la Guerre froide. Désigne aussi l’ensemble des pays en développement issus de la décolonisation.

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Introduction

Très rapidement, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'alliance entre les vainqueurs est rompue et les deux blocs militaires et idéologiques se constituent autour d'une part des États-Unis et d'autre part de l'Union soviétique. Dorénavant, les relations internationales vont se concevoir dans une logique bipolaire, les autres pays devant choisir un camp. Paradoxalement, c'est quand les relations entre les deux Grands évoluent vers moins de tensions que chaque Grand commence à être contesté dans son camp ; mais dans quelle mesure ces contestations remettent-elles en cause la logique bipolaire née au début de la guerre froide ? Passe-t-on alors à une logique multipolaire ? Dans une première partie, nous analyserons la mise en place du monde bipolaire de l'après-guerre, puis nous nous intéresserons à la contestation de cette logique et, enfin, nous verrons comment le monde est passé de la bipolarité à l'unipolarité.

I. La mise en place des blocs et de la logique bipolaire (1947-1953)

1. Aux sources de la bipolarisation : une incompréhension croissante
En février 1945, la grande alliance avait semblé sortir renforcée de la conférence de Yalta. Américains et Britanniques avaient accepté les acquisitions territoriales de l'Union soviétique même si ces acquisitions étaient en contradiction avec les buts de guerre que s'étaient fixés de concert les Alliés. En échange, l'Union soviétique s'était engagée à organiser des élections libres dans les pays libérés par elle. Mais à la conférence de Potsdam qui se tient juste après la capitulation allemande, la tension devient déjà plus perceptible en raison du refus de Staline d'organiser des élections libres en Pologne. C'est le début d'une incompréhension croissante qui éclate au grand jour en 1947.

2. 1947 : l'année charnière
En 1947, le président américain Truman annonce son intention d'endiguer l'expansion soviétique en Europe. C'est la doctrine du « containment ». Concrètement, la doctrine Truman se traduit par la proposition d'aide économique aux pays d'Europe qui « veulent rester libres » : c'est le plan Marshall. L'objectif est clair : aider l'Europe à se relever économiquement pour empêcher la progression de l'influence communiste sur le terreau de la misère. Seize pays d'Europe occidentale acceptent le plan Marshall, mais Staline le refuse pour l'Union soviétique et contraint les démocraties populaires à faire de même.
Staline réagit par un renforcement de son contrôle sur les démocraties populaires et constitue le Kominform, qui réunit l'ensemble des partis communistes des démocraties populaires au pouvoir ou en passe de l'être, mais aussi les puissants PC italien et français. À l'occasion de la conférence constitutive du Kominform, qui se tient à Varsovie, le dirigeant soviétique Jdanov exprime la doctrine soviétique de la guerre froide, réponse à la doctrine Truman : le monde est divisé en deux camps, « un camp anti-impérialiste et démocratique », celui de l'Union soviétique, et un « camp impérialiste et anti-démocratique », celui des États-Unis.

3. L'Europe divisée en deux
Le coup de Prague en février 1948, au cours duquel le Parti communiste tchèque prend le pouvoir en éliminant ses adversaires politiques, est l'événement qui décide les Occidentaux à faire de l'Allemagne un bastion de la lutte contre l'expansion soviétique. En violation des accords de Yalta, les Occidentaux unifient leurs zones d'occupation et y mettent en place une nouvelle monnaie. En juin 1948, Staline réagit en décrétant le blocus des accès routiers et ferroviaires de Berlin : il s'agit de contraindre les Occidentaux à quitter leurs secteurs d'occupation. Les Américains réagissent en mettant en place un pont aérien pour ravitailler la ville et menacent d'utiliser la force si les Soviétiques s'opposent à la libre circulation dans les couloirs aériens. À ce moment-là, la menace est efficace car les Soviétiques ne disposent pas encore de la bombe atomique. Et au bout d'un an, en 1949, Staline recule et lève le blocus.
La conséquence de la crise de Berlin est l'accélération de la division de l'Europe, division dont l'Allemagne devient le symbole puisqu'en 1949 les Occidentaux fondent la RFA et les Soviétiques la RDA. Berlin conserve son statut de ville occupée.
Les Américains organisent politiquement leurs alliés européens en créant l'OTAN, pacte militaire qui a pour but, en mettant toutes les armées européennes sous commandement américain, de résister à une éventuelle attaque soviétique.

4. L'achèvement des blocs
En 1949, l'Asie devient un champ d'affrontement des deux Grands. En effet, les communistes chinois prennent le pouvoir. Du coup, les États-Unis perdent un allié de poids dans la région. Les Chinois rejoignent le bloc soviétique. Dans le même temps, en Indochine, les communistes vietnamiens sont en guerre contre la présence française. L'Asie est déstabilisée. La stratégie du containment connaît alors un sérieux revers. C'est pourquoi, en 1950, les États-Unis n'hésitent pas à entrer en guerre contre la Corée du Nord lorsque celle-ci, soutenue militairement par la Chine, attaque la Corée du Sud. La guerre, très meurtrière, dure trois ans. En 1953, un armistice est signé, qui sanctionne un retour au statu quo ante. Cette fois, la stratégie de containment a été un succès. La guerre de Corée pousse les États-Unis à signer une série de pactes afin d'encercler la puissance soviétique. En 1951, c'est le pacte de San Francisco entre les États-Unis et le Japon ; en 1954, l'OTASE avec les pays de l'Asie du Sud-Est, puis le Pacte de Bagdad avec les pays du Proche-Orient.
La constitution des blocs s'accompagne d'une course aux armements entre les deux Grands. Dès 1949, les Soviétiques possèdent l'arme nucléaire. Et en 1953, quelques mois seulement après les États-Unis, ils possèdent la bombe à hydrogène. Les deux superpuissances sont désormais dans une situation de parité nucléaire. D'autant que toutes deux disposent également des vecteurs nécessaires (bombardiers lourds et, à partir du milieu des années 1950, grâce à la conquête spatiale, fusées).

Transition
Ainsi, en quelques années, les deux Grands sont passés de la grande alliance à la « grande méfiance ». Mais à partir de la mort de Staline, en 1953, les relations entre les deux superpuissances vont commencer à évoluer, les tensions s'atténuer. Dans la même période, la logique de bipolarisation est de plus en plus contestée.

II. La détente et la logique bipolaire

1. La détente armée : maintien du statu quo
Les premiers signes de détente apparaissent dès la mort de Staline en 1953. Le nouveau dirigeant soviétique, Khrouchtchev, propose aux États-Unis la « coexistence pacifique ». En 1956, les deux Grands interviennent, sans se concerter, pour mettre fin à la crise de Suez, concrétisant ainsi la réalité du duopole qui gouverne alors le monde. La crise de Cuba, en 1962, met toutefois le monde au bord de la guerre nucléaire. Elle est l'occasion pour les dirigeants des deux Grands de se convaincre d'organiser la détente, c'est-à-dire le maintien du statu quo qui fait qu'aucun des deux Grands ne cherche à étendre son influence au-delà de sa sphère.
Mais dans ce contexte les deux Grands vont surtout devoir apprendre à vivre avec de nouveaux acteurs sur la scène internationale : les pays du tiers-monde. Le tiers-monde est né avec la conférence de Bandung en 1955. Les pays pauvres y ont affirmé leur volonté de ne pas se ranger derrière l'un ou l'autre des deux Grands, adoptant une position neutraliste. En fait, le mouvement des non-alignés ne remet pas en cause la logique bipolaire : tout au plus arrive-t-il à utiliser les rivalités entre les deux superpuissances. Ainsi Nasser, en 1956, nationalise le canal de Suez et fait financer le barrage d'Assouan par les Soviétiques devant le refus des Américains de le faire.

2. Les deux Grands face à la contestation de leur prééminence
C'est de l'intérieur de chaque bloc qu'apparaît véritablement une tentative de remise en cause de la logique bipolaire. Ainsi, dès 1960, les Chinois remettent en cause le leadership soviétique. Alors que l'aide soviétique aux Vietnamiens en guerre contre les Américains est volontairement limitée, dans un souci de détente, les Chinois n'hésitent pas à renchérir en soutenant le Nord Viêt Nam. Et d'une façon générale, la République populaire de Chine va tenter de s'imposer comme pôle fédérateur des mouvements de guérilla du tiers-monde, au détriment de l'Union soviétique. La situation sino-américaine va rapidement changer sous l'administration Nixon. En effet, les responsables américains vont profiter des tensions sino-soviétiques en engageant une politique de rapprochement avec la Chine populaire.
Dans le camp occidental, c'est de Gaulle qui, à partir de 1958, conteste la prééminence américaine. Il fait sortir la France de l'OTAN, dénonçant ce qu'il appelle le « protectorat américain ». Pour de Gaulle, la guerre entre les deux superpuissances n'est plus à l'ordre du jour du fait de la détente. Pour lui, le refus de la bipolarisation et l'affirmation de la France passent par la recherche de nouvelles alliances. En 1964, la France reconnaît ainsi la Chine populaire, s'opposant ainsi à la fois aux États-Unis (qui soutiennent la Chine nationaliste de Taiwan) et à l'Union soviétique (qui avait rompu avec la Chine en 1960). Ce qui n'empêche pourtant pas l'Union soviétique d'amorcer, à partir de 1966, une politique de coopération économique avec la France. Là encore, la superpuissance tente de profiter des tensions internes à l'autre bloc pour avancer ses pions, sans pour autant aller à l'affrontement direct avec l'autre superpuissance.
La détente entre les deux Grands est donc l'occasion pour des puissances de second rang de contester la prééminence des deux superpuissances. Pourtant, cette contestation reste sans réelle répercussion sur les relations des deux Grands entre eux. Certes, la crise de Cuba a pu apparaître à certains comme l'occasion pour l'Union soviétique de montrer, au détriment de la Chine populaire, sa détermination face aux États-Unis. Mais dans les faits, en acceptant de renoncer à son projet de mise en place d'armes nucléaires à Cuba, l'Union soviétique choisit de privilégier la détente plutôt que l'affrontement direct avec les États-Unis. La crise coûta sans doute ses fonctions à Khrouchtchev, démontrant ainsi la pluralité des options au sein des dirigeants soviétiques. Il est à noter que les États-Unis ne poussèrent pas leur avantage à l'issue de la crise de Cuba, privilégiant eux aussi le climat de détente.

Transition
La détente atteint son apogée au milieu des années 1970 avec la signature des accords d'Helsinki, par lesquels l'ensemble des pays signataires s'engage à respecter les frontières issues de la Seconde Guerre mondiale. Mais, malgré le mouvement des non-alignés et les contestations internes à chaque bloc, la logique bipolaire continue à fonctionner. Le statu quo sur lequel reposait la détente est finalement remis en cause par l'Union soviétique. On revient à des rapports plus conflictuels, les commentateurs parlent de « guerre fraîche ». Cette nouvelle tension va être fatale à la logique bipolaire par la disparition d'un des protagonistes.

III. De la « guerre fraîche » à un monde unipolaire

1. La guerre fraîche
En 1975, l'Union soviétique commence à marquer des points en Afrique où elle intervient en Angola et au Mozambique par l'intermédiaire des Cubains. En Éthiopie, un régime procommuniste s'empare du pouvoir. La même année, après le départ des Américains, l'Asie du Sud-Est devient le champ clos des affrontements sino-soviétiques. Les Vietnamiens sont soutenus par les Soviétiques et les Cambodgiens par les Chinois. Ils s'affrontent dans l'un des conflits les plus meurtriers de la seconde moitié du xxe siècle. En Amérique latine, les positions stratégiques américaines sont mises à mal par la révolution sandiniste au Nicaragua. Au Moyen-Orient, en 1979, la révolution islamique en Iran prive les États-Unis d'une position stratégique. À la fin de la même année, les Soviétiques envahissent l'Afghanistan. C'est le coup de Kaboul.
Après avoir hésité sur la politique à suivre face à ces remises en cause de la détente, les États-Unis reprennent à leur tour l'offensive après l'arrivée de Ronald Reagan au pouvoir. Il affirme sa volonté de contrer l'Union soviétique. Il reprend la course aux armements stoppée pendant la détente et propose un projet stratégique connu sous le nom de « guerre des étoiles », réseau de satellites destinés à détruire les fusées nucléaires soviétiques. Les Soviétiques répliquent en installant des fusées à portée intermédiaire dans les démocraties populaires. Les Américains font de même en Europe occidentale. C'est la crise des euromissiles. Par ailleurs, les États-Unis reprennent l'initiative en Amérique latine en soutenant la Contra, guérilla antisandiniste, et en envahissant l'île de Grenade pour en chasser le gouvernement promarxiste qui s'y était installé.

2. Un nouvel ordre mondial unipolaire
En 1985, Gorbatchev arrive au pouvoir en Union soviétique dans un contexte politique très difficile. Après la mort de Brejnev, les luttes internes ont été vives et ses deux successeurs, Andropov et Tchernenko, sont décédés dans un temps très bref, ouvrant une crise de succession majeure à la tête de l'Union soviétique. Gorbatchev est un réformateur. Il a conscience que l'Union soviétique n'a pas les moyens économiques et technologiques de suivre les Américains dans la course aux armements. À l'instar de Khrouchtchev trois décennies plus tôt, il considère que seule une politique de pause dans la rivalité entre les deux Grands peut permettre de sauver le système soviétique. C'est pourquoi il propose une réduction des dépenses militaires et offre aux Américains de discuter du désarmement. Tout va alors très vite. D'une certaine manière, la logique bipolaire continue à fonctionner. Les Soviétiques usent ainsi de leur influence pour mener leurs alliés vietnamiens à évacuer le Cambodge qu'ils occupaient. Les Soviétiques se retirent eux-mêmes d'Afghanistan. Dans le même temps, ils cessent leur soutien aux guérillas et régimes procommunistes africains. En l'espace de quelques mois, l'essentiel des conquêtes de l'ère Brejnev est abandonné. Mais la tentative de Gorbatchev de réformer le système échoue. L'Union soviétique perd le contrôle des démocraties populaires, le mur de Berlin tombe, l'Allemagne se réunifie et, finalement, l'Union soviétique elle-même implose. La Russie, qui succède à l'Union soviétique, est amputée territorialement en raison de l'indépendance autoproclamée de plusieurs anciennes républiques soviétiques. En décembre 1989, lors du sommet de Malte, les leaders des deux superpuissances annoncent la fin de la guerre froide. La guerre du Golfe, en 1991, voit la Russie s'associer à une guerre contre son ancien allié, l'Irak. Les États-Unis sont désormais le seul Grand.

Conclusion

De 1947 à 1991, les relations internationales entre États-Unis et Union soviétique ont été régies par une logique bipolaire. Tout problème international était tributaire de la position des deux Grands, qui ont exercé alors leur duopole sur le monde. Certes, des tentatives ont été faites pour contourner cette logique. Mais aucun des deux Grands n'a véritablement favorisé des liens avec une puissance moyenne du camp adverse, craignant sans doute de voir l'autre en faire autant. Mais avec la fin de la guerre froide, la logique bipolaire a vécu et les États-Unis deviennent le gendarme du monde. Sans toutefois que la paix du monde soit garantie.

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